La solidarité c’est quand plusieurs personnes se mettent ensemble pour réaliser un même rêve. Un rêve commun, ce n’est pas facile. Pour le réaliser, il faut parfois endurer quelques sacrifices. Il faut chuter, se relever et recommencer. Toujours remettre son travail sur le tapis.
Syndicalement parlant, c’est grâce à elle que nos ancêtres ont eu leurs plus belles victoires. Mais, il faut rappeler encore une fois que ces victoires ont été acquises pour la plupart dans le sang.
Peut-on encore oublier que les premiers ouvriers à se mettre en grève ont été chargés par l’armée régulière à cheval. A l’époque, quand l’ordre était donné de disperser les manifestants, on pouvait s’attendre à avoir des morts. Pourquoi ces gens donnaient-ils leur vie ? Pour de meilleures conditions de travail, pour un meilleur salaire, pour une meilleure considération pour leur personne. Les bourgeois de l’époque méprisaient les ouvriers et les considéraient comme du bétail. Et le bétail, quand il crève, excusez-moi l’expression, on peut le remplacer.
A l’époque, tous travaillaient : hommes, femmes, enfants. La paie ne suffisait pas pour manger à sa faim. Sur les manèges, dans les lainières, si les enfants n’effectuaient pas leur tâche assez vite, ils étaient écrasés et ils mourraient dans d’atroces souffrances.
On travaillait sept jours sur sept. Pas de week-end. Pas de repos correct non plus, pas de loisirs. Pas de congés payés ! Rien !
Emile Zola illustre très bien cela dans son livre « Germinal ». On passait le café dans le même filtre toute la semaine et c’était toujours les trois même cuillerées, on n’avait pas pour en faire du nouveau. A la fin, c’était de l’eau chaude. Les mineurs étaient contents quand ils pouvaient manger un lapin, un jour de fête. Et il fallait souvent que quelqu’un se prive pour pouvoir faire le briquet du chef de famille qui descendait dans le trou. Les enfants couraient pieds nus dans la boue en plein hiver.
Si de nos jours, nous assistons à une certaine régression de nos droits, c’est peut-être que nous vivons dans une société où on nous fait croire que le plus important est de faire chacun pour soi. Divisé pour mieux régner, l’adage a fait ses preuves.
Ainsi isolés, les responsables patronaux peuvent jouer plus facilement sur nos peurs de nous voir priver de nos salaires et de ne plus pouvoir subvenir aux besoins de nos familles. Certains ouvriers n’osent pas se faire aider des syndicats s’ils constatent des manquements manifestes dans le chef de leur patron, de peur de se voir licencier. A l’aube du 21ème siècle, il faut obligatoirement un minimum de confort et un traitement équitable pour les ouvriers.
Aimeriez-vous revivre dans le monde du 19ème siècle parce que si nous n’y prenons pas garde, c’est ce qui va nous arriver. Peut-être pas à un point tel car, quoi qu’on en dise, les syndicats veillent mais il faut rester sans cesse vigilant pour ne pas amoindrir notre position. Les permanents syndicaux doivent parfois négocier de très longues heures pour essayer d’améliorer les choses et obtenir quelques avantages. Et ce n’est pas chose aisée que de défier ce Dieu puissant qu’est l’argent. L’argent, il y en a assez pour tout le monde. Il faut qu’il soit réparti équitablement entre les gens et non pas réuni entre les mains de quelques-uns et leur conférant une puissance pratiquement sans limites.
Et pour protéger notre sacro-saint mode vie et notre désir de posséder les dernières merveilles technologiques qui ne servent d’ailleurs qu’à nous lobotomiser, nous oublions la solidarité et avec elle la compassion et le désir de nous construire un monde meilleur. Un monde où il fait bon vivre. Il ne nous tombera pas tout seul du ciel ce monde-là. Nous le gagnerons en continuant à nous battre, en continuant à croire qu’ensemble, on est plus fort pour faire entendre nos voix : celle du peuple et aussi celles des milliers de personnes avant nous qui nous ont légué le merveilleux outil qu’est le syndicat.
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Ensemble, on est plus fort : slogan de la FGTB